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  • croixbleue57

Pourquoi récuser le terme guérison ?

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Membre bénévole associatif accompagnant, quand je parle de « guérison » c’est parce que je suis intimement convaincu d’être guéri ! Je ne suis plus du tout attiré par le produit et ma longévité abstinente parle pour moi. Même dans la sphère médico-sociale, ce n’est plus un terme illusoire.


J’aborde ouvertement ma « guérison ». Je ne consomme plus du tout et je n’ai plus envie de la bouteille. J’ai pris le temps, certes, mais c’est fait et assimilé.

Souvent, concernant le mot guérison, il y a controverses, polémiques. Et en effet, en parlant de guérison, fusent des réflexions comme : « s’il y a guérison, on peut reboire ? » Là, on peut dire que le deuil de l’alcool n’est pas acquis.  


Prenons deux exemples : lorsque le médecin, qui a le résultat des analyses attendues, découvre que le taux de cholestérol est trop élevé, il conseille de supprimer les graisses, pour le diabète de suivre un régime bien équilibré, et alors la santé s’améliore.


Pour la maladie alcoolique, il en va de même. En supprimant l’alcool, la guérison devient possible en supprimant le produit ayant conduit à l’addiction. Mais, que ce soit bien clair, quand on a été dépendant, il n’y a pas de marche arrière possible, il vaut mieux se préparer intellectuellement à cette logique.


C’est pour cette raison que le mot guérison mérite de bonnes discussions et saines explications, car dans les suites à entrevoir il y aura des réactions différentes.


Guérir : c’est être libéré d’un mal physique, psychique et être bien dans sa tête, au point de reconnaître que le recours à la prise du produit n’est plus une nécessité.


On pourrait même dire que c’est aussi ne plus avoir peur de l’opinion des autres, ne plus se sentir jugé, inférieur ou supérieur à d’autres, parce que l’on a choisi de boire autre chose que de l’alcool.


C’est un apprentissage à faire afin d’accepter d’autres points de vue ; c’est apprendre à dire « non » à l’alcool et ainsi pouvoir boire autre chose sans avoir à en justifier.

La guérison permet d’avancer quoiqu’il arrive, malgré les préoccupations, les problèmes, quand on peut affronter clairement, différemment, calmement, avec la tête sur les épaules, les difficultés de la vie.


La guérison c’est ne plus avoir envie d’alcool, c’est avoir en face de soi un consommateur sans que l’envie soit là, à faire mal.


La guérison est là lorsque la rupture avec l’alcool est réalisée, qu’on est bien dans sa tête et ses baskets. Et la guérison c’est avoir la liberté de pouvoir dire non !


Liberté d’être abstinent, liberté retrouvée, confiance du conjoint, de l’entourage, de la fratrie, des enfants, prouvée dans les actes et les paroles avec forces et faiblesses, mais certainement avec plus de sérénité, d’humilité qu’avant.


C’est aussi la liberté de reprendre place au sein d’une société dans le jugement. C’est avoir la force de proposer cette liberté à ceux qui l’ont perdue.


Pour parvenir à la guérison, c’est un cheminement fait d’étapes, de luttes, d’acceptations, de défaites ; c’est un travail sur soi qui sera d’intensité et de durée variable selon les personnes. Pour réussir, il faut y croire et se donner les moyens d’y parvenir. On peut se faire aider.

La guérison c’est de retrouver un corps vigoureux (ou redevenu), par la mise en pratique de nouvelles règles de vie.


Mais, pourquoi parler de guérison, même à celles et ceux qui n’y croient pas ? Pour leur transmettre l’espoir d’un but à atteindre, en dehors d’une errance mauvaise conseillère.

Guérir, c’est inventer l’avenir, retrouver la joie de vivre, de faire des projets, avoir de l’ambition, être une femme ou un homme capable de prendre des initiatives et des responsabilités. C’EST VIVRE, ESPÉRER, CROIRE !


Guérir, c’est aussi pouvoir aider les autres et la Croix Bleue le permet. Notre vécu, nos messages, notre représentation sont là pour orienter toutes personnes désireuses d’en sortir et de vaincre.

La guérison, par définition, c’est renaître à la vie.


Les membres de la Croix Bleue avec amitié, constance, compréhension, mais sans assistanat, à l’écoute de la problématique, vont communiquer sur la possibilité d’accéder à la guérison. Vous y apprendrez la résilience.


Après ces échanges et réflexions, je ne cherche pas à dire « faites comme moi », car vous n’êtes pas moi. Vous êtes-vous ! Avec vos forces et vos faiblesses.

Vos entourages sont à même de vous apporter de l’aide.


Aussi, vous saurez que vous pouvez compter sur la solidarité, l’aide, le non-jugement, et l’implication des membres de notre groupe.


La guérison apporte l’apaisement tant physique que moral ressenti lors de nos réunions même s’il y a débat contradictoire sur certains points : c’est la démocratie.


Enfin, la guérison est basée sur la volonté d’en sortir, par l’enrichissement amical, le soutien de nos aînés, mais aussi, et j’y tiens, par l’honnêteté des déclarants.

 

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