• croixbleue57

Le changement

Dernière mise à jour : 12 oct.


D'ordinaire chacun est pour le changement, surtout quand c’est pour aller mieux.


Mais en y pensant bien, le "changement" est toujours précédé d’une certaine résistance.

Et là je vois bien le parallèle entre monsieur tout le monde et la personne en relation excessive avec l’alcool.


Dans une mise en scène il y a toujours :

L’acteur et ceux qui ont mis en route ou décidé du changement !


L’acteur buveur voudrait bien que "ça change", à une vitesse qu’il aurait fixée, ce qui l’engagerait le plus tard possible.


A la Croix Bleue, pour aider une personne à changer, lui faire recouvrer la raison, animer sa conscience d’un danger, il nous faut être patient, confiant et établir une communication qui la motivera en la responsabilisant.


Et puis il y a ceux qui ont souhaité le changement, qui espèrent un mieux. Ou ceux qui ne croient pas en la personne et qui misent sur le maintien dans sa dépendance.


Leur place est inconfortable car ils ne sont pas acteurs, ils sont initiateurs et décideurs.


Leur crainte est grande, car être répondant favorise l'angoisse quand on ne maîtrise pas son sujet. Alors, pour se rassurer, ils trouvent que la « solution » tarde, ne va pas assez vite, que ça manque de fermeté et de rigueur, que le projet est trop idéaliste, loin de la réalité, etc.

Là encore, notre rôle et de leur faire prendre patience, dire combien il est important de faire confiance, leur démontrer que pour nous « membres guéris » cela ne s’est pas fait sans douleurs et que cela a réussi quelque fois au-delà de toute espérance.


Les familles connaissent donc ces résistances, ces tensions. Comme nous, le changement, elles l'ont souhaité. Quand ça marche c’est super.


Mais ça ne marche pas toujours comme les spectateurs l’auraient voulu. Nous avons vécu ces résistances-là !


Ainsi, que de fois avons-nous mis un genou à terre, combien de fois avons-nous promis, même juré que demain cela changerait.


C’est vrai, cela a été certainement une promesse pour faire attendre. Et puis, un jour, cette promesse a été tenue !


Il y a eu changement et quelquefois cela n’est pas explicable. Ne cherchez pas midi à quatorze heures.


Peu importe comment le changement est intervenu.


Si une personne montre un visage nouveau, un esprit débarrassé d’alcool, alors que lui demander de plus, sinon de vivre cela longtemps, avec les siens et avec nous !

R. Mansuy

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L'alcool m'a emprisonnée pendant 32 ans, petit à petit, sournoisement. J'avais 28 ans. Un soir, il est entré dans ma vie sans me demander mon avis, et je ne m'en suis débarrassée qu'à presque 60 ans.