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  • croixbleue57

L'alcool, drogue dure.

Dernière mise à jour : 26 juil. 2023

L’alcool tue à petit feu, isole, ruine, détruit. C’est vrai, mais paradoxalement c’est aussi son contraire quand on est pris dans l’engrenage.


Les problèmes s’envolent, on oublie tout, la tristesse, les blessures, les angoisses, en un sens : la vie.


On se sent fort, presque invincible, mais une fois les vapeurs d’alcool dissipées, les problèmes que je croyais envolés sont là, plus violents, car ils font partie de moi, de mon quotidien.

En plus des problèmes que j’ai voulu oubliés par absorption d’alcool et médicaments se greffe une chose supplémentaire du moins « pour ma part » : la culpabilité, la honte, le dégoût… Tout cela m’a fait me sentir encore plus faible.


Alors pour me donner de la force, du courage, j’ai continué avec des alcools toujours plus forts, des médicaments pris en double ou en triple et je me suis alcoolisée toujours plus tôt dans la journée. Je me suis enlisée dans mon alcoolisme.


Jusqu’au moment où « une petite voix intérieure » dans un moment de lucidité ou demi-conscience m’a dit « regarde-toi, vois ce que tu es devenue, tu n’es plus qu’une loque, une moins que rien !»


Alors je me suis dit que ce que les autres pensaient de moi, avant que je ne commence à trop m’alcooliser, avait raison. Je n’étais rien.

Ces autres qui me traitaient mal, physiquement, verbalement, psychologiquement avaient-ils vraiment raison ?


Je me revois commencer à boire pour la première fois suite à une énième dispute, après de multiples coups sur tout le corps devant mon fils (petit à l’époque) ou devant les enfants que j’avais en garde.


Je buvais pour oublier la douleur des coups. Ma vie ne valait plus rien. Après je me revois cacher des bouteilles partout « sous l’évier, derrière les draps dans l’armoire, dans les placards, corbeille de linge ». (Oh pas de l’alcool fort, juste du vin rouge, blanc, rosé).

Je commençais très tôt le matin, au lieu du petit déjeuner, une demi-bouteille puis plus (oh ! je n’étais pas fière de moi).


Je me suis arrêtée toute seule grâce à cette petite voix, toujours là : « regarde-toi dans la glace, vois ce que tu es vraiment maintenant ».


Là, j’ai pensé à mon fils, je ne voulais pas qu’il vive sans sa maman près de lui.


Plus tard après une séparation très difficile, j’ai repris la surconsommation, mais cette fois (vodka, whisky, rhum, tequila, tout cela pour surmonter les insultes violentes, des chocs émotionnels qui m’étaient auparavant insurmontables sans le support du produit.


La culpabilité m’a envahie, tellement qu’une amie m’a parlé de la Croix Bleue. Et, à sa grande surprise, j’ai dit oui sans même trop réfléchir.


J’ai trouvé au sein de ce groupe, un accueil chaleureux, une écoute attentive et sans aucun jugement.


Je les remercie tous pour leur soutien, leurs orientations. Pour un temps, j’ai un parapluie qui m'abrite des insultes, des outrages et des malfaisances. Tout ça ne me pénètre plus. L’adversaire qui me croyait et me voyait faible recule, bat en retraite.


Ainsi, récemment, j'ai été confrontée à 5 décès en 10 jours, sans pour autant avoir recours à l'alcool. Je m’assume pleinement.


Maintenant, je ne baisse plus les yeux devant l’ennemi. C’est moi qui ai remporté « la victoire » et l’adversaire s’en est trouvé déstabilisé.


Merci pour leurs précieux conseils, maintenant je dis : « plus jamais ça », une nouvelle vie a commencé.


Il y a toujours des passages difficiles dans la vie, mais je sais sur qui je peux compter maintenant.

Merci à toi, ma marraine « Croix Bleue », je ne te décevrai jamais.


Anita.

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