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  • croixbleue57

Alcool ce soir je te quitte

C’est comme une guerre qui est finie, mais qui a laissé tellement de traces,

Que l’on ose plus vivre de peur qu’elle ne refasse surface,

C’est comme un amour interdit qui se vit dans le silence.

À trop t’aimer, j’en ai perdu le sens de ma réalité, j’ai perdu le contrôle de ma vie, j’ai brûlé tous les feux rouges, j’ai fait éclater ma colère envers tous ceux que j’aime…!

Et me voilà encore là, servile et fragile à arborer ma plus belle plume pour te dire que je n’en peux plus.

Ton amour m’étouffe, tu as possédé mon esprit et mon corps et moi dans l’inconscience de ma détresse je t’ai laissé faire.

Si l’on m’avait dit que tu étais si nocif peut-être que je ne t’aurais jamais confié toutes mes peines, peut-être que j’aurais accepté plus tôt d’en parler, sûrement que je ne serais pas là aujourd’hui à t’écrire... !!!

Tout cela pour te dire qu’entre nous tout se termine ce mardi...

« "Mon cher ALCOOL" ce soir je te quitte »

Je ne peux plus vivre dans ton ombre, penser à toi sans cesse, m’évanouir dans tes bras chaque soir, oublier ce que je veux, voir mon corps se transformer, voir mon cœur se noircir, voir mes amis partir, ma famille me haïr et tous mes soleils s’éteindre.

Je ne veux plus que tu brises tous ces rêves qui m’animent depuis l’enfance, plus de tes angoisses matinales qui m’empêchent d’entrevoir la beauté de chaque journée, plus de ton refrain lancinant qui me renvoie sans cesse vers le passé, mes erreurs et mes secrets les plus sombres (tout ce que j’ai fait sous ton emprise, tout ce que tes abus m’ont apporté comme malheurs, combien tes abus ont erronés le peu d’estime en moi qu’il me restait).

Ce soir je ne supporte pas l’idée que tu diriges ma vie, mes émotions, mes nerfs, ma fatigue, mes trous noirs, ce désir de rien qui me submerge à chaque fois que je te croise, ce désir de s’effacer pour arrêter de faire souffrir ma famille, ce désir de disparaître.

Ma liberté de penser, positiver, avancer, relativiser s‘est arrêtée le jour où tu m’as fait perdre le contrôle, le jour où tu es devenu une habitude malsaine et non un plaisir, le jour où à chaque réveil j’étais effrayée et tétanisée ne sachant pas ce que j’avais fait ou dit la veille, le jour où j’ai dépassé les bornes, agressée ma mère le pilier de ma vie, ce jour où je suis devenue une étrangère.

Depuis toi, depuis nous, depuis cette addiction je suis devenue une étrangère dans le corps d’une autre dont le cœur est empli d’amertumes et de pourquoi, je suis devenue une solitaire sans cœur incapable de s’ouvrir aux autres, je suis devenue insensible et cruelle tant tu monopolises mon énergie et mes doutes.

Voilà ma lettre d’adieu à l’alcool pleine de reproches, car il m’est plus facile à ce stade de rejeter toutes mes fautes sur lui, ce produit festif et facile d’accès dans nos magasins.

Ma lettre d’adieu à celui qui m’a accompagné pendant plus de trois ans.

Celui qui au-delà de l’ivresse, cette fuite en avant, ce suicide inconscient m’a aidé à fermer ce livre ou plutôt refuser ce verre, cette dépendance insidieuse et mondaine m’a appris que rien n’est irréversible, que rien n’est impossible, que la honte que nous portons avec ce mot « alcoolique » n’est en réalité qu’une bataille de plus que nous pourrons gagner contre nos démons intérieurs, contre nos croyances figées, contre notre malaise.

Je souhaite à tous ceux qui lisent mon témoignage de trouver la paix, l’aide extérieure ou divine, de concrétiser vos rêves, de prendre la conscience de vous-même malgré les difficultés du sevrage et du changement.

Auteure inconnue

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